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L'enfant dans l'adulte? Certes, pour le meilleur, mais aussi — trop souvent hélas — pour le pire.
Pour le meilleur: comme la flamme dans le foyer, la lumière dans la lampe, le cœur dans le corps.
Pour le pire? Il suffit de considérer l'état infantile, ou plus exactement: l'état de maladie infantile auquel notre espèce semble encore incapable de s'arracher. J'aurais envie de dire, en modifiant un peu la terrible vision shakespearienne, que l'Histoire (faite par les adultes) n'est que « bruit et fureur » dans le crâne d'un enfant (idiot et malade).
De toute façon, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, on pourrait affirmer, à la façon de M. de La Palisse: « Sans enfant pas d'adulte… et réciproquement. »
Le latin le sait bien qui, disant adultus dit: (celui) « qui a grandi ».
Mais il y a grandir et grandir. Combien, qui se prétendent adultes, ont certes vu leur taille se hausser par rapport à celle de leurs années d'enfance (ils ont même fini de grandir, comme l'exige la définition commune de l'état d'adulte), mais sont devenus en réalité plus petits, plus mesquins: en somme plus chétifs par le cœur, par l'esprit, par la vie que le garçon ou la fillette qu'ils furent!
La plupart du temps, un tel échec semble dû précisément à leur suffisance d'adulte. Suffisance qui les incite à nier, à renier, à refouler, au point de se convaincre de son absence, la filiation intérieure qui va de leur enfance à leur être présent.
Lorsque l'on coupe un arbre perpendiculairement à son fût, on voit, allant du cœur du tronc à l'aubier qu'entoure l'écorce, les anneaux concentriques dont chacun correspond à la croissance d'une année. On reconnaît alors, de toute évidence, que force et beauté de l'arbre ont dépendu de tous et de chacun de ces anneaux-années. Ainsi, de saisons en saisons, la sève n'a cessé de circuler à travers ces cercles du bois, ceux des premières années aussi bien que ceux des dernières.
Si la science (qui de plus en plus rejoint, et même parfois dépasse, la fiction)