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Marianne Golberger s'interroge sur le rôle de la grossesse survenue durant l'analyse. Constitue-t-elle une entrave, voire une contre-indication au processus analytique ou au contraire, un facteur dynamisant pour celui-ci?
De nombreux analystes ont considéré que la grossesse rend la femme enceinte inaccessible à l'analyse pour deux séries de raisons: d'une part, elle serait inapte au transfert car toute absorbée par la dimension narcissique de cette expérience (dans ce domaine, elle rappelle les progrès de la réflexion analytique, notamment les travaux de Kohut sur le narcissisme), d'autre part, le sentiment de plénitude engendré par la grossesse la mettrait provisoirement à l'abri de tout conflit, « comme un chat qui aurait avalé un canari », dit-elle drôlement en citant Arlow. Nous savons pourtant, dit-elle, combien le conflit psychique est omniprésent, et combien, par exemple, les angoisses engendrées par la modification de l'image corporelle peuvent être violentes. L'auteur défend l'hypothèse que la grossesse, temps de déséquilibre affectif, comparable à la puberté ou à la ménopause, facilite l'accès à certains conflits profonds, notamment avec l'imago maternelle. Le fœtus est dans l'espace interne de la patiente. De ce fait, il devient objet de transfert qui peut certes défléchir les mouvements destinés à l'analyste, mais il facilite l'identification de la femme enceinte aux deux protagonistes de la relation mère-enfant ou aux autres membres de la fratrie.