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« Ma douleur, donne-moi la main, viens par ici… »
« … pendant que des mortels la multitude vile Sous le fouet du plaisir, ce bourreau sans merci Va cueillir des remords dans la fête servile ma douleur, donne moi la main, viens par ici… »1
Paru en 1991 dans la collection des « Monographies de la Revue française de psychanalyse », Masochisme mortifère, masochisme gardien de la vie de Benno Rosenberg est une œuvre, un livre à part entière. Il ne s'agit pas ici d'une somme sur le concept de masochisme chez Freud et après lui, encore moins d'un recueil d'articles chronologiquement assemblés, mais d'une recherche personnelle exigeante. Elle comporte la part de spéculation et d'engagement suffisants pour faire de ces 150 pages non pas un texte théorique sur le masochisme mais une théorie originale du masochisme.
Lorsqu'une idée est fondamentale, il arrive qu'elle nous semble évidente. Elle s'impose en effet comme parfaitement nécessaire, sa seule nouveauté étonne. Comment pouvions-nous tenir assez compte de la dimension vitale du masochisme avant le livre de Benno Rosenberg? Telle est la question que ne peut que se poser le lecteur. De quoi est faite l'extraordinaire robustesse du psychisme humain, celle qui nous pousse à résister aux pires tourmentes, à la destructivité,