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« Nous contenons tous une nuit que nous connaissons mal, ou que nous ne connaissons pas. Cette nuit veut et ne veut pas sortir de nous. C'est le drame de l'art, un véritable combat de Jacob et de l'Ange. »
« Mourir et renaître avec le souvenir de son existence précédente nous appelons cela s'évanouir, s'éveiller avec d'autres organes qu'il faut d'abord rééduquer, c'est ce que nous appelons naître. »
La citation de Lichtenberg, outre qu'elle nous rappelle des liens de filiation repérés entre le romantisme allemand et la découverte de l'Inconscient freudien (cf. les travaux de H. et M. Vermorel), nous indique que Béla Grunberger poursuit et développe dans cet ouvrage dense, important et clair, marqué par son expérience et sa personnalité, sa thèse concernant l'origine prénatale du narcissisme. Se situant dans une perspective « bio-analytique » comme son « pays », Sandor Ferenczi, l'auteur reprend les grands axes de sa théorie personnelle et cohérente du narcissisme telle qu'il l'a proposée dans son ouvrage antérieur intitulé Le narcissisme paru en 1971, devenu depuis livre de référence obligée sur ce thème.
Pour Béla Grunberger le narcissisme est d'origine prénatale, donc présent d'emblée chez l'individu. L'état d'élation correspondant conditionne la