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« Samuel Beckett a dit: “Chaque mot est comme une tache mutile sur le silence et le néant”
— Oui
— Il avait raison. Vous pouvez peut-être l'inclure dans votre livre. »
…
Avec Beckett et le psychanalyste Didier Anzieu nous impose un texte superbement irritant, intrusif et impudique dans lequel il n'est pas question de s'installer confortablement en se fiant à la présentation de couverture: « Samuel Beckett est devenu un des plus grands écrivains français dans l'après-coup d'une cure psychanalytique à Londres avec Wilfred R. Bion, qui allait lui-même devenir un des théoriciens les plus originaux de la psychanalyse. Didier Anzieu, psychanalyste qui s'est intéressé au processus créateur, a reconstitué le déroulement de cette cure, son impasse, sa reprise à la fois thérapeutique et littérairement féconde, sous la forme d'une auto-analyse. » Quel trio!… l'auteur allait-il enfin nous révéler, dans l'une de ses œuvres ultimes, le fin mot du processus créateur et du processus psychanalytique?
« A l'instar de Beckett inventant le nouveau roman, Anzieu renouvelle l'approche des œuvres. » C'est peu dire qu'il renouvelle ce qu'il est convenu d'appeler de ce terme discutable de psychanalyse « appliquée ». Car si la psychanalyse est appliquée, c'est autant à Beckett et à son œuvre qu'à l'auteur lui-même et au