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Je dédie la métaphore que j'ai prise pour titre à nos deux rapporteurs: ils l'ont bien mérité en me faisant beaucoup penser et même rêver, tandis que je me glissais à leur suite dans les défilés de la théorie, avec sur le dos ce balluchon étrange et familier, le contre-transfert, détourné de l'un des thèmes du Congrès.
A Louise de Urtubey en premier, dont je discute directement le riche rapport sur divers points. Elle n'ignore rien, elle me l'a dit, des passages clandestins immémoriaux qui contournent les ports pyrénéens (autant de portes ou de ports par où transitent les marchandises bien honnêtes soumises à la taxe de transfert). Rien non plus de l'économie souterraine qui a toujours lié ensemble, à la barbe de douaniers sévères ou complices, l'Euskadi de l'en deçà et celle de l'au-delà des frontières.
A Carlos Amaral Dias ensuite, et à l'accueillant Portugal. Ce pays, comme son nom l'indique, est né autour d'un autre « port », de mer celui-là, et le blocus continental n'a jamais pu naguère y empêcher le commerce illicite entre l'Europe du dedans et celle du dehors de se moquer, voire de tirer bénéfice des décrets et des gros bataillons de l'empereur, impuissants à barrer la route aux transgressions non recensées du cadre imposé. Il a bien fallu à Napoléon mis en échec (Masséna même avait reculé), prendre enfin compte, mais trop tard et de mauvaise grâce, de tant de trafics indomptés parce que sans doute trop nécessaires, et mettre ainsi un terme aux conséquences d'une désastreuse analyse de la situation militaire.