You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Dans son rapport, L. de Urtubey cite une phrase de Kant: « Les phénomènes ne peuvent exister en soi, mais seulement en nous. » Elle nous donne le magnifique exemple d'un aller-retour entre la théorie de son rapport — résumée dans sa présentation — et sa propre clinique qu'elle nous a si généreusement offerte. Je pense que cette fécondation réciproque est le principe même de notre activité. Ainsi isolé, ce travail de contre-transfert se révèle aussi indispensable qu'impossible.
Des variantes techniques, auxquelles j'ajouterai aussi de nouvelles théorisations, peuvent apparaître sous la pression du contre-transfert, influencé lui-même par le transfert ancien de l'analyste et le contre-transfert de son propre analyste. J'aimerais illustrer cette proposition du rapporteur à laquelle je souscris totalement par l'exemple de deux auteurs sur la théorie desquels L. de Urtubey a beaucoup insisté, M. Little et S. Ferenczi. Nous avons la chance, en ce qui les concerne tous deux, de disposer de documents biographiques dont la lecture a violemment mobilisé mon propre contre-transfert et m'incite à rédiger cette intervention.
Margaret Little, analyste célèbre et reconnue, écrivit, à 84 ans, un récit de son analyse avec D. Winnicott1 qui éclaire les motifs de ses intérêts théoriques comme de ses choix techniques.
Sandor Ferenczi rédigea, la dernière aimée de sa vie, en 1932, un Journal clinique2 dont nous avons la chance qu'il put être édité — même tardivement — en 1985. Ce texte bouleversant favorise notre identification au combat qu'il mena pour survivre psychiquement. Il nous permet de comprendre sa lutte pour imaginer des techniques nouvelles, provoquant des apports théoriques géniaux parce