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Océan. — Ne comprends-tu pas, Prométhée, que, pour traiter la maladie colère, il existe des mots médecins?
Prométhée. — Pourvu qu'on trouve le moment où l'on peut amollir le cœur — au lieu de prétendre réduire par la force une passion qui forme abcès.
Aux mots médecins, il faut ajouter les pensées soignantes, qui ne sont pas des pensées guérisseuses; on ne guérit pas de la passion car la pulsion oblige et cela pour les deux protagonistes du couple analytique. Et peut-être que ce dont on guérit le moins, c'est de la pulsion de la mort. D'ailleurs le sujet de la pulsion de mort peut-il être un endeuillé? Louise de Urtubey, à plusieurs reprises, mentionne l'action de la pulsion de mort dans les affres du contre-transfert. Notons au préalable que la pulsion de mort, avant d'être de mort, est pulsion. Or, selon Wildlöcher, « l'originalité de la pulsion, ce qui la définit, c'est, comme dit Freud, qu'elle est, au départ, auto-érotique, ce qui ne peut avoir d'autre sens que de dire qu'elle circule originairement non pas entre les objets mais entre des représentations, qu'elle est donc indissociable du fantasme. Ce qui la définit par ailleurs, c'est qu'elle circule selon des lois bien particulières qui sont celles du processus primaire ou de l'énergie libre (Anzieu). L'inconscient, par essence, est une énergie libre qui ne cesse d'échapper à toutes les tentatives du moi socialisé et de