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La nécessité de devoir travailler dans des circonstances psychiques où le désarroi domine au niveau intérieur conduit à se poser la question de la qualité du contre-transfert; La notion même d'obligation résonne comme un paradoxe difficilement compatible avec l'amour de la vérité et un certain courage moral indispensable à notre travail.
Comment faire face au traumatisme d'un deuil brutal et à la reprise de mon activité professionnelle « ordinaire » après de courtes vacances. Il va de soi que les mots de perte, d'absence, de vide et de solitude étaient vecteurs d'une signification très différente et fortement chargée sur un plan affectif. Je ne voyais pas comment j'allais pouvoir les utiliser dans un contexte autre que celui de ma propre histoire et je craignais surtout de ressentir la souffrance de mes propres patients comme vaine, futile voire dérisoire à côté de la mienne.
J'avais cependant l'intuition que mon travail allait m'aider et que c'était, justement par la reprise, je dirais la revitalisation de mes propres capacités de liaison que j'allais, tout doucement, réapprendre à fonctionner.
C'est de cet échange très particulier dont j'aimerais parler.
Les patients qui ont appris la réalité de l'événement (journaux-rumeur) ont développé une période de transfert positif collant et visqueux faite de tentatives assez pauvres de réparation suivies de longs moments de transfert négatif qui me mirent à rude épreuve. J'avais failli gravement dans ma fonction parentale et ils se devaient de me le faire payer.
D'autres patients, ne sachant rien, ont compris ou plutôt ont ressenti l'idée que quelque chose d'inquiétant s'était passé. Ils ont développé dans de nombreux rêves un aspect étrange, surprenant et inhabituel sans possibilité d'un quelconque rattachement avec leur propre histoire.
Cependant ces rêves, ou plutôt ces fragments de rêve, m'interpellaient à un niveau où le langage et les représentations étaient absentes. J'étais envahie de