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Le remarquable rapport de Louise de Urtubey nous offre désormais un véritable article sur le thème du contre-transfert: les diverses contributions sur cette question ont été recensées et analysées avec grand soin par notre collègue1 qui n'hésite pas pour autant à proposer sur ce sujet ses réflexions cliniques et théoriques personnelles.
Pour mon compte, la pratique des « consultations thérapeutiques »2 incluant le bébé et ses deux parents, ou, à défaut des deux, sa mère, m'a fait retrouver ces « moments sacrés » auxquels faisait allusion D. Winnicott (1971). D'ailleurs de nombreux auteurs ont éprouvé au cours de certaines cures des moments paradoxaux. Ce fut le cas de M. de M'Uzan (1976, 1978) et de J. Guillaumin (19763, 1987a, 1987b, 1988a, 1988b). Ces références sont d'ailleurs empruntées à la bibliographie de notre collègue L. de Urtubey qui commente ainsi le travail de M. de M'Uzan, intitulé La bouche de l'inconscient (1978): « (Il) évoque aussi le rêve en relation avec la situation analytique. L'analysé et son analyste forment une sorte d'organisme nouveau, un monstre, une chimère, qui a ses propres modalités de fonctionnement. C'est une modalité opposée au régime qui gouverne la vie vigile; elle ressemble, sans être identique, au rêve auquel elle emprunte ses principaux mécanismes. On ne peut y accéder que lorsque l'analyste est à même de supporter un certain flottement de son identité, qu'il peut tenir sur cette zone où les frontières entre le moi et le non-moi sont