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Le concept originel de contre-transfert le définissait comme la réaction inconsciente de l'analyste envers le patient ou envers le transfert, dérivé des possibilités transférentielles propres à l'analyste, et comme devant être surmonté par son auto-analyse afin de retourner à une position de neutralité technique (Little, 1951; Reich, 1951). Ce concept originel de contre-transfert et la façon dont nous envisageons son importance dans la situation psychanalytique ont, depuis, subi des changements significatifs. Sous l'influence de contributions psychanalytiques des années cinquante, en particulier celles de Paula Heiman (1950) et d'Henrich Racker , une vision totalisante ou globale du contre-transfert, définie comme la réaction émotionnelle totale de l'analyste envers le patient, est apparue et s'est progressivement imposée. Désormais, la tâche est devenue l'analyse des divers éléments inclus dans le contre-transfert global de l'analyste, comprenant: 1 / ses conflits inconscients réactivés ou non résolus; 2 / sa réalité externe et ses réactions vis-à-vis d'éléments tiers; 3 / les contributions du transfert du patient; et 4 / la réalité du patient . En particulier, sous l'influence de concepts introduits par Racker d'identification concordante et complémentaire dans le contre-transfert (mettant l'accent sur la contribution du transfert), l'exploration par l'analyste de son contre-transfert rend maintenant plus sùr un diagnostic portant sur les relations d'objets internalisées activées par le patient: l'analyse contre-transférentielle est devenue un instrument important dans l'analyse du transfert.
Plus récemment, dans des contributions techniques des années quatre-vingt et du début des années quatre-vingt-dix