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Chez les patients qui consultent en psychosomatique, et qui sont souvent atteints de maladies graves, le poids de la réalité peut être tel qu'il pèse d'emblée sur la relation entre patient et analyste. Il est donc essentiel de différencier le contre-transfert inconscient de la contre-attitude de l'analyste, telle qu'elle se dévoilera aux patients dans les interventions spécifiques à la situation psychosomatique.
Ce travail de différenciation permet de créer un espace psychique qui laisse la possibilité au contre-transfert de se développer plus harmonieusement. Comment soustraire un temps l'analyste de la prégnance du poids de la réalité où la présence du corps en danger peut susciter de multiples affects, tels qu'angoisses et souffrances, et des fantasmes de blessures et de mort? Mieux cerner la contre-attitude permettra d'atténuer la potentialité du poids de cette réalité à paralyser le fonctionnement mental de l'analyste et de celui de son patient.
Denise Braunschweig et Michel Fain ont bien exprimé, dans leur formulation de « la censure de l'amante », ce qui peut permettre à l'enfant/au patient, de posséder un espace psychique suffisant pour se mettre ou remettre à penser.
En psychosomatique une telle distance me semble rendue possible grâce à une faculté de présence/absence proche de l'attitude maternelle, telle qu'ils l'ont décrite. Accepter cette position théorique peut favoriser la différenciation entre contre-attitude et contre-transfert. Il me semble que c'est le point de vue évoqué par Louise de Urtubey lorsqu'elle développe l'utilisation de « la théorie des théories » auxquelles l'analyste adhère.
J'ajouterai aussi, que ces théories occuperaient une place équivalente à celle d'un « père amant » ou d'un « père incarnation de la loi » pour la mère pendant ses moments de présence/absence auprès de son enfant.