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La fonction contenante de l'analyste, ainsi que nos collègues portugais Carlos Amaral Dias et Manuela Fleming l'ont définie à partir de l'héritage de Bion, repose sur le travail de contre-transfert dans sa continuité inconsciente, telle que Louise de Urtubey a su si bien la décrire. Dans les deux cas, les difficultés de la cure analytique ont été rapportées à l'expérience d'affects spéciaux (perte des limites, vacillation de l'identité, sentiment d'inquiétante étrangeté) correspondant à la spécificité du travail en association libre et en attention flottante. On sait que leur élaboration dans la cure dépend essentiellement de la possibilité d'un jeu libre de la régression sous ses trois aspects topique, formel et temporel, tels que définis par Freud.
C'est bien aux difficultés de cette expérience que notre collègue Manuela Fleming a été confrontée dans l'analyse de Diogo: celle-ci s'est trouvée rapidement contrainte à maintenir une activité de pensée pour contenir une excitation sans liaison ayant une valeur traumatique chez son patient. La référence à la pensée de Bion lui a permis de proposer à Diogo des représentations et une compréhension ayant une fonction contenante. La théorie a constitué ainsi un recours pour faire face à un risque de chaos, de non-représentation, que Bion a désigné comme une angoisse impensable.
En cela Manuela Fleming rejoint l'itinéraire même de Bion, partagé entre un désir de maîtrise (la grille) et l'angoisse sans nom auxquels sont confrontés, à des degrés divers, l'analyste et son patient. Dans ce travail de reprise théorique, on sait que Bion a fait référence à une méthode philosophique, en l'occurrence celle de Kant, pour décrire la construction essentielle de la théorie psychanalytique, à savoir l'expérience de satisfaction à partir de l'enfant au sein.