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Cet exposé est le fruit d'une réflexion issue de la confrontation des Rapports de C. Amaral Dias et de L. de Urtubey. La divergence extraordinaire qu'ils présentent dans leur contenu n'a d'égale que la convergence indéniable de leurs sujets. C'est ce paradoxe qui a stimulé mon attention et je propose ici de réfléchir aux implications contre-transférentielles de ce qu'on a, à la suite de Bion, aisément compris comme « la fonction contenante de l'analyste ».
Il n'est pas possible d'aborder un tel sujet sans reprendre la définition de ce qu'est un contenant. Je le ferai en m'appuyant sur ma propre perspective.
Le concept de contenant est né chez Bion à la suite d'une transformation qu'il a donnée au concept d'identification projective utilisé par M. Klein pour désigner un fantasme d'intrusion à l'intérieur du corps de l'autre afin d'en prendre possession et de le contrôler. La différence essentielle entre un tel concept et celui de projection déjà existant, se situe en un point qui a soulevé, selon moi, toute la contestation qui a pris place autour du concept d'identification projective. Dans la simple projection, l'objet n'est considéré que dans la représentation que le sujet s'en fait. Il est, par conséquent, une surface qui reflète la projection dont le sujet, dans sa mouvance, l'a doté.
Nous sommes alors en présence du fonctionnement d'un secteur du moi capable d'articuler affect et représentation. Le préconscient est la couche psychique la plus sollicitée à la fois chez le patient et chez l'analyste.
Il en est tout autrement avec le concept d'identification projective: l'objet est là, vécu dans la concrétude propre à la scène psychique infantile. Par conséquent, la projection revêt un caractère de toute-puissance: elle ne se reconnaît pas elle-même un caractère fantasmatique et elle s'attribue la réalité d'une véritable action. Il s'agit pour le moi de pénétrer dans l'objet et de s'y installer. D'où le terme d'identification associé à cette projection: le moi qui a in