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La relation mère/enfant constitue la matrice dans laquelle l'appareil psychique du nourrisson prend racine et se développe. De même, les disfonctions interactives sont à la base des troubles psychopathologiques du nourrisson.
Dans les psychothérapies mère/bébé, la tâche du thérapeute ne s'avère pas très facile. Il est censé entrer en empathie simultanée avec deux partenaires dont les niveaux de fonctionnement psychique sont très différents. Du côté de la mère, il s'agit de comprendre le contenu latent de ce qu'elle dit et son comportement interactif, et le rôle de son bébé dans son fonctionnement mental (bébé imaginaire). Du côté du bébé, il s'agit de comprendre l'inférence des états émotionnels et des mouvements d'appropriation ou de réjection de l'objet.
Il est vrai que dans la cure, une partie du Moi de l'analyste régresse et s'identifie aux parties infantiles du Soi du patient; mais dans les psychothérapies mère/enfant, le thérapeute, contrairement au psychanalyste dans la cure, focalise son attention sur deux registres différents: l'observation de l'interaction comportementale et l'écoute, peut-on dire, de l'interaction fantasmatique, en établissant les liaisons entre l'une et l'autre.
La mère qui reconnaît l'état émotionnel de son bébé en termes « pensables », qui reconnaît sa souffrance et son ambivalence va progressivement libérer son enfant du nœud de ses identifications projectives vis-à-vis d'elle et de son intrication symbiotique excessive. Les mots du thérapeute et le thérapeute lui-même fonctionnent comme le troisième élément dans la relation mère/bébé, induisant la différenciation psychique de la dyade.
Par ailleurs, l'attitude particulière du psychanalyste face à sa propre subjectivité et son intention de comprendre l'autre le prédisposent à s'identifier au sujet et à reconnaître et accepter ses propres identifications (Racker).
Au cours de la séance, plusieurs mouvements identificatoires se vérifient chez le thérapeute, notamment grâce à: