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Lors de la discussion du rapport de Carlos Amaral Dias, certaines réticences se sont exprimées quant à l'utilisation du cas clinique comme matériel de connaissance. « Exploitant » la cure à son profit théorique, la recherche se ferait-elle alors au détriment du mouvement transféro - contre-transférentiel? Il m'est arrivé aussi d'entendre mes propres patients exprimer la même inquiétude. Allais-je divulguer leurs secrets en publiant leur cas, même sous une forme déguisée? Dans le travail analytique, différentes interprétations de cette crainte se proposent:
— un désir d'exhibition, passant par mon intermédiaire: « le monde entier lirait, écouterait mon cas »;
— un désir contre-investi d'être aimé: le patient souhaiterait que je ne pense qu'à lui, que je ne parle que de lui;
— mais aussi la crainte d'être vidé de sa substance, utilisé par un analyste nourrisson sur lequel se projette un patient-mère.
Il est légitime de se demander quels sont les bénéfices obtenus par nos observations. Celles-ci ne représentent pas un matériel objectif scientifique car elles sont influencées par notre propre théorie. Néanmoins, il arrive que le processus analytique contraigne l'analyste, s'il se montre suffisamment disponible, à créer avec son patient un lien inhabituel ou une métaphore originale. Dans l'aprèscoup de la séance, le besoin de comprendre peut aboutir à une communication orale, un texte avec un apport théorique plus ou moins fécond.
Cette utilisation n'est-elle pas simultanément condamnable et nécessaire? Y a-t-il problème éthique dépassant le respect du secret? L'analyste, investi de sa confiance, doit-il éviter de tirer du patient un bénéfice pour K?