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Le Congrès des psychanalystes de langue française des pays romans de Lisbonne a été pour moi une expérience très enrichissante, et j'en ai retiré de multiples impressions instructives et stimulantes. Je voudrais dire en particulier mon sentiment sur la pensée psychanalytique en Europe.
C'est au nom de Freud que la psychologie du moi américaine a abandonné la pensée en termes de topique, a réduit l'importance des relations d'objet et négligé l'histoire, le traumatisme et la libido narcissique au profit d'un modèle pulsion-défense de plus en plus scolastique. Il s'agit ici, bien entendu, d'une tendance générale. Il y a eu, et il existe encore, au sein des tenants de la psychologie du moi, une tradition forte et d'une grande créativité, représentée par des analystes qui ont toujours dépassé cette forme scolastique. La psychologie du moi bat maintenant en retraite dans la confusion. Elle est progressivement remplacée par la self-psychology, l'antimétapsychologie, l'intersubjectivité, la psychologie à deux personnes, diverses théories des relations d'objet et théories à modèles multiples dont plusieurs ne parviennent pas à préserver certaines des intuitions fondamentales de Freud, parmi lesquelles quelque chose d'aussi essentiel que les pulsions inconscientes. Au contraire, ainsi que j'ai pu le voir à l'œuvre dans ce Congrès, la pensée freudienne européenne a évolué depuis le début et continue à se développer d'une manière moins uniforme, mais plus cohérente. C'est une pensée freudienne, elle-même critique de Freud. L'étude de Louise de Urtubey sur le contre-transfert chez Freud discute la conception freudienne du contre-transfert, mais c'est une critique fondée sur la pensée freudienne. Les Freudiens européens ont préservé les fondements de la pensée de Freud tout en la modifiant, rejetant certains aspects pour y apporter des intuitions nouvelles. Il en est résulté pour la psychanalyse en Europe un développement qui, à son meilleur, a été tout de suite critique, ouvert,