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Le contre-transfert, Louise de Urtubey nous le rappelle très justement, ne saurait se réduire à sa part manifeste, aux émotions, aux pensées et aux attitudes interprétatives conscientes de l'analyste au sujet de son patient. Sa partie la plus essentielle est celle qui se dégage plus ou moins péniblement, dans l'après-coup, grâce au « travail du contre-transfert ».
Dans ce travail de mise en représentation, complémentaire de celui du patient, qui se fait à partir des images, des associations verbales et théoriques appartenant à l'analyste, les affects ressentis par lui jouent certainement un rôle essentiel, là où le matériel vient à manquer chez le patient. Mais lorsque les limites de la capacité de dégagement de l'analyste sont atteintes, les affects impliqués dans la chimère transféro-contre-transférentielle n'apparaissent pas; on sait que tout le travail du refoulement vise en général le déclenchement d'affects.
Où se cachent ces contrebandiers1? Une possibilité des plus fréquentes est celle d'un transfert sur un élément du cadre, invisible par l'analyste, que cet élément soit concret, figuré ou symbolique (de l'ordre de l'interdit, de la limite). J'ai tenté de décrire ces transferts sur le cadre à différentes reprises2 depuis 1986, mais la paternité de cette idée revient à J. Bleger, qui dans Symbiose et ambiguïté (1967) a si bien décrit le transfert symbiotique des patients psychotiques (ou à