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« L'inconscient est le psychique lui-même et son essentielle réalité. Sa nature intime nous est aussi inconnue que la réalité du monde extérieur, et la conscience nous renseigne sur lui d'une manière aussi incomplète que nos organes des sens sur le monde extérieur » (1900). Ce passage de L'interprétation des rêves est un prélude à des concepts ou notions que Freud élaborera ultérieurement, à savoir le concept de « monde interne » et la notion d'un moi comme « être de frontière » (Freud, 1923).
Partant de l'hypothèse que le moi est un être de frontière entre le monde interne et le monde externe, je dirais que la croyance est à la réalité psychique ce que la perception est à la réalité matérielle. La dimension psychique tire sa force de réalité de la croyance, de même que la dimension physique tire sa force de réalité de la perception. La croyance est, comme la perception, un processus actif; elle se trouve, comme la perception, influencée par le désir, la peur et l'attente ; tout comme les perceptions, les croyances peuvent être l'objet de déni. Les croyances ne sont pas sans entraîner des conséquences. Elles suscitent des sentiments, influencent les perceptions et sont à l'origine de certaines actions, contrairement aux idées et fantasmes qui ne sont pas fondés sur la croyance. La croyance subjective précède l'évaluation objective. L'évaluation objective peut s'appuyer sur des perceptions extérieures, ce que l'on a coutume de désigner du terme d'épreuve de réalité, ou bien impliquer une corrélation interne avec des faits connus ou des croyances. L'évaluation objective interne d'une croyance subjective revêt une importance capitale dans les situations où une confirmation perceptuelle directe fait défaut. Cette évaluation repose sur deux processus qui sont tous les deux source de résistance. L'un a trait à la corrélation interne entre des points de vue subjectif et objectif, l'autre à l'abandon d'une croyance avérée : le premier est lié au triangle œdipien, le deuxième