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Pour commencer, rappelons que Freud a invoqué la réalité psychique pour défendre l'idée que les souvenirs responsables des symptômes sont souvent en partie façonnés par les désirs de l'enfant.
En d'autres termes, certaines expériences causales n'ont pas seulement été subies ; elles ont été préférentiellement structurées.
La réalité psychique étant un mélange de faits et d'intentions, on peut l'étudier de deux manières : soit en démêlant les intentions fortes qui la créent, par exemple celles qui se rattachent à l'identification, la sexualité, la culpabilité et l'envie, soit en relevant les formes fondamentales d'expérience qui se sont accumulées et qui ont suscité des réactions, tels le complexe d'Œdipe et la scène primitive.
Mais si la réalité psychique est un mélange de faits et d'intentions dans l'enfance, pourquoi n'en serait-il pas de même chez l'adulte?
Le transfert a montré que, là aussi, c'est ce qu'elle est. Bien que l'on ait supposé que la perception devenait plus exacte avec l'âge, le transfert a démontré que l'amour était toujours fondé sur le fantasme. Et la théorie structurale naissante a fini par dire la même chose de la réalité sociale en général. Nous ne faisons pas que porter le souvenir de la réalité psychique de notre enfance ; nos intentions continuent de modeler l'expérience actuelle et d'aider à définir notre monde contemporain.
Mais s'il en est ainsi, alors la réalité psychique est peut-être seulement le monde tel qu'il est perçu et le fantasme est seulement notre manière de donner sens à la vie.
Ce qui aboutit à une épistémologie passablement compliquée. Mais l'épistémologie n'est pas ce qui préoccupe l'analyste : ce sont les problèmes de pratique qui le tirent par la manche. L'un des problèmes du psychisme est son caractère