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Une vue panoramique du concept de « réalité psychique » ouvre de nombreuses voies d'analyse. J'ai choisi ici d'étudier ce concept sous l'angle d'une entité en perpétuel devenir et de distinguer les différences qualitatives qui caractérisent la réalité psychique, selon qu'on a affaire à une réalité singulière-pulsionnelle ou à une réalité partagée par deux personnes ou plus. Lorsque la qualité de la réalité porte le sceau du contexte socioculturel, on se trouve confronté à certaines difficultés techniques particulières, étant donné que les patients et l'analyste appartiennent au même contexte et que leurs jugements éthiques sont également déterminés par ce contexte et non seulement par la théorie.
La réalité psychique est un terme qui appartient au vocabulaire théorique de la psychanalyse et fait partie de ces concepts qui, tout en nous unissant, contiennent un tel degré d'ambiguïté qu'ils peuvent aussi bien favoriser des échanges scientifiques fructueux qu'engendrer une sorte de babélisme. Mais c'est peut-être aussi grâce à un tel concept que nous sommes aujourd'hui réunis pour tenter d'éclairer certains malentendus ou bien voir se renforcer nos divergences (R. Bernardi, 1993 ; A. Grünbaum, 1993 ; R. Schafer, 1993 ; O. Kernberg, 1992; R. Wallerstein, 1988, , etc.).
La réalité psychique s'apparente traditionnellement à une réalité singulière-fantasmatique-pensée-désirée-subjective-irréelle-hallucinée-inconnaissable-intérieure