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Il y a de cela un siècle, presque jour pour jour, Sigmund Freud a découvert un nouveau continent. Ce continent était bien réel. Bien qu'il se soit originé d'un refus et en dépit du fait que le self qui l'abrite ne veut rien savoir, ni de son existence ni de ses contenus, il s'est assuré une place permanente au sein de l'armamentarium intellectuel de l'être humain. Tous les efforts déployés pour dénier l'existence de l'inconscient n'ont pas empêché Freud ni d'en faire la découverte, ni de montrer la place qu'il occupe chez l'être humain.
L'accueil réservé à cette découverte et la lutte qui s'en était ensuivie les premiers temps pour en asseoir l'existence ressemblaient fort à ceux qu'avait provoqués la découverte d'un nouveau continent géographique par un autre explorateur européen quatre siècles auparavant. Freud n'allait-il pas dans le même sens en définissant sa théorie des rêves comme « quelques nouveaux hectares de terrain gagnés scientifiquement sur ceux de la superstition et du mysticisme ». Ces deux catégories de découvertes, tout aussi réelles l'une que l'autre, apportaient, chacune à sa manière, quelque chose d'entièrement nouveau aux civilisations respectives qui les avaient vues naître. Le thème de la réalité psychique qu'a choisi, pour ce Congrès, le premier président de l'API originaire du continent Sud de ce nouveau monde, n'aurait pas pu être plus approprié.
Pour introduire cette discussion, je centrerai ma réflexion sur un thème principal permettant d'accroître et de cumuler notre savoir et compréhension, tout en nous garantissant du risque de perdre simultanément de vue ces deux dimensions. Lorsque Freud délaissa la notion de séduction pour celle de fantasme et passa, dans sa conceptualisation, d'un registre d'ordre concret à un registre d'ordre psychologique, les intellectuels qui constituaient son audience, qu'il s'agisse de psychanalystes ou d'un public plus vaste, laissèrent se développer un clivage basé sur une erreur qui, depuis lors, semble n'