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Après le succès rencontré par l'ouvrage de 1965 Collected papers on schizophrenia and related subjects et présenté en édition française en 1977 sous le titre plus attractif pour le grand public de L'effort pour rendre l'autre fou, on ne peut que s'intéresser à la suite des articles publiés en 1986 (« My work with borderline patients ») que l'éditeur français a présentés en 1994 sous le titre de Mon expérience des états-limites.
L'utilisation de la notion d'« états-limites » attire assez facilement l'attention des lecteurs francophones, et latins en général, mais est-ce de cela en réalité dont il est traité dans un recueil par ailleurs aussi riche de références cliniques et de réflexions productives?
L'ambiguïté assez évidente, dont cherche à se défendre le traducteur en note dès la préface, ne semble pas être le fait de H. Searles lui-même dont la position personnelle apparaît par ailleurs comme tout à fait claire.
Contrairement à H. Kohut qui ne parle pratiquement pas de « borderline » mais s'intéresse de façon beaucoup plus métapsychologique à la pathologie grave et précoce d'ordre narcissique, H. Searles ainsi que de nombreux auteurs américains, et en particulier O. Kernberg, utilisent le terme de « borderline » pour recouvrir des entités nosologiques allant des bordures des névroses aux bordures de la schizophrénie, en passant à la fois par les situations que nous considérons en Europe comme « limites » (c'est-à-dire ni encore névrotiques/ni encore psychotiques du point de vue structurel) et par des situations préschizophréniques dont les dispositions structurelles se sont vues déjà engagées dans la voie d'une organisation psychotique (ou tout au moins « prépsychotique ») de la personnalité.
Du point de vue métapsychologique et du point de vue épigénétique, la différence