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Le livre de Jacqueline Godfrind nous apporte, du point de vue de la théorie de la clinique et de la technique, un ensemble conceptuel à la fois précis et riche de prolongements féconds, pour mieux cerner certains aspects de la pratique qui nous obligent à moduler nos attitudes. C'est bien sûr le contre-transfert qui est au centre de cette réflexion, et l'auteur sait nous communiquer ce qu'elle ressent, et l'utilisation de ce ressenti pour différencier les attitudes nécessaires à la spécificité de processus qui échappent à l'organisation d'une névrose de transfert. L'auteur nous parle donc essentiellement de patients qui vivent leurs relations sur un mode désymbolisé, agi, et risquent de déterminer des réponses, soit trop interventionnistes, soit systématiquement silencieuses.
Pour aborder ces situations difficiles, dans la pratique, J. Godfrind s'appuie sur ce qu'elle a différencié dans son écoute : l'alternance entre deux courants transférentiels, et leurs conséquences sur les troubles de la fonction symbolique. Même chez les névrosés, certaines ruptures de cette fonction peuvent exister, et nécessitent la prise en compte d'une économie oscillatoire entre états de symbiose, états d'altérité. Les expériences d'effondrement, notamment, immobilisent la relation de base symbolique avec les mécanismes de déni, de clivage, de contrôle omnipotent de l'objet.
Les états limites déficitaires soumettent ainsi l'analyste à une position paradoxale : hypersensibilité à l'existence de l'autre en tant qu'objet externe, et, dans le même temps, déploiement de tentatives désespérées pour détruire la perception de l'objet « fauteur de troubles ». Ces cas limites exigent un travail systématique sur la relation à l'objet pour permettre une évolution vers l'altérité. Les positions critiques vis-à-vis de l'analyste, la manière de recevoir l'interprétation