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Le livre de Danielle Quinodoz se lit comme un roman. Roman de l'activité quotidienne d'une psychanalyste, dont le fil conducteur est un symptôme : le vertige, cet ouvrage mêle agréablement la clinique et la réflexion théorique avec, en contrepoint, des informations abondantes et précises sur les paramètres du vécu contre-transférentiel de l'auteur, ainsi que sur sa technique interprétative.
Le symptôme du vertige est étudié en dix chapitres, suivis d'un chapitre rappelant les observations de Freud dans ce domaine et leur lien avec ses théorisations intéressant la névrose d'angoisse, l'hystérie et la phobie, ainsi que les données proposées par M. Klein sur l'angoisse, données largement utilisées par l'auteur. L'ouvrage se termine sur deux chapitres développant une réflexion sur les rapports entre le vertige et la dynamique de l'équilibre psychique, à travers l'évocation des écrits de personnalités sportives cultivant les situations extrêmes — Saudan, Messner, Petit — ainsi qu'une esquisse sur le vertige et le suicide à propos des peintres Vincent van Gogh et Nicolas de Staël.
Une riche introduction d'Alain Gibeault regroupe les données théoriques avoisinant ce symptôme, dont il souligne que c'est la première fois qu'il est étudié en tant que tel, avec comme corollaire l'angoisse originaire du vide et de la chute. Rappelant, comme le fait l'auteur, que la problématique du vertige est introduite par Freud dès les débuts de son œuvre à propos de la névrose d'angoisse et en tant qu'exemple de tension physique ne trouvant pas d'élaboration psychique, A. Gibeault souligne cependant qu'il arrive aussi à Freud de donner à ce symptôme une valeur de représentation psychique, en particulier chez des patientes hystériques. Ajoutant que, dans tous les cas de figure, l'affect prime sur