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A l'inconscient Freud oppose le système perception-conscience, opposition pertinente de deux pôles se définissant l'un par rapport à l'autre. Pourtant la psychanalyse a laissé la plupart du temps hors de son champ de réflexion aussi bien la conscience que la perception.
Parce que l'inconscient spécifie la psychanalyse, parce que le fantasme inconscient en est l'objet d'étude électif, parce que la pulsion et l'univers représentatif sont au centre du travail clinique du psychanalyste la perception a été laissée en pâture aux psychologues, étudier la conscience et ses dissolutions a été abandonné aux psychiatres. Qu'il s'agisse de dédain ou de sacrifice contre-phobique, cette affirmation d'identité qui s'appuie sur une aussi belle indifférence ne doit pas laisser penser qu'une sorte de coupure épistémologique placerait la perception et les phénomènes conscients hors du domaine de la psychanalyse.
Le rapport investissement-perception est cependant au cœur même de la théorie. L'aphorisme de Serge Lebovici l'objet est investi avant d'être perçu mérite d'être aujourd'hui réexaminé. Le rapport hallucination-perception, classique question de la psychopathologie, peut-il encore être envisagé à partir de cet autre aphorisme, de René Diatkine cette fois : la perception est la perversion de l'hallucination? Les voies ouvertes par André Green à partir de la notion d'hallucination négative n'invitent-elles pas à resituer l'ensemble des rapports perception-hallucination?
Est-il possible de reconsidérer le rapport perception-représentation à partir du jeu réciproque de l'expérience d'emprise et de l'expérience de la satisfaction comme l'un de nous a pu le proposer?
La notion de réalité en psychanalyse peut-elle avoir un sens autre que métaphysique si nous évitons de nous pencher sur une théorie de la perception?
Ne pourrait-on, allant au-delà des formulations de Freud lorsqu'il disait qu'il n'y avait pas de névrose sans troubles de la sexualité, dire qu'il ne peut y avoir de névrose sans