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La prière d'insérer le formule sans ambages : nous sommes submergés d'une littérature biographique sur la personne Freud, bien davantage que par ce qui le rend digne de notre attention et de notre mémoire, c'est-à-dire « Freud au travail ». « Rien de plus contrariant que de lire un essai tel que la voix de son auteur assourdit l'œuvre dont il traite » (p. 19).
Ilse Grubrich-Simitis convie le lecteur à sa présentation commentée des manuscrits de Freud. Elle donne la parole à des documents muets, faute d'examen. A la manière pertinente, discrète et prudente que nous lui connaissons déjà, elle situe et étoffe le contexte de ce qu'elle nous rend accessible. Elle souhaite contribuer à la lutte nécessaire à l'encontre d'une ignorance croissante des écrits (p. 22). Sans nul doute, cette ignorance va de pair avec ce que Freud propose à la compréhension d'Albert Einstein lorsqu'il lui écrit le 26 mars 1929 : « Notre attention est tout entière dirigée vers le dehors des dangers menaçants et des satisfactions alléchantes. Du monde intérieur nous ne réclamons que le calme. Si quelqu'un s'avise de vouloir changer cette direction, de lui tordre le cou, toute notre organisation se hérisse, tout comme se hérissent le tube digestif et l'urètre lorsqu'on décide de les franchir dans le sens opposé à celui de leur fonctionnement. »
La première partie du volume concerne l'histoire éditoriale et européenne de l'œuvre de Freud. Jusqu'en 1938, elle est viennoise, les Gesammelte Schriften, puis elle devient londonienne jusqu'en 1960, les Gesammelte Werke, ceux-ci à Francfort depuis seulement cette date, sauf à mentionner des éditions de poche de certains titres dans l'Allemagne des années 50.