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Penser la Pensée? Nous voici renvoyés à la tentative de saisie des origines du processus de Pensée, et simultanément aux limites mêmes de ses capacités de déploiement réflexif. Inévitablement conduits aux impasses d'une autoréférence, l'appel à l'autre nous devient nécessaire pour nous dégager de la folie d'un auto-engendrement. Mais de quel autre s'agit-il? Pour certains il est extérieur, autorisant l'espoir d'une objectivation partielle proche de la démarche scientifique, susceptible de réduire l'obscurité évoquée par Freud, des relations du cerveau et de la conscience.
Il était alors tentant de donner vie et sens aux questions posées par la Pensée, en organisant une confrontation entre partisans du dehors et du dedans. Ce fut l'un des enjeux du Colloque de Monaco de juin 1992, en partie construit autour de la rencontre du Cognitivisme et de la Psychanalyse.
Pour les cognitivistes suivant le modèle de l'ordinateur, la genèse de la pensée serait liée à une sorte d'action programmatique de l'environnement. Bien sûr le propos est nuancé, l'homme n'est pas une machine, il parle, éprouve, transforme les données reçues, ce qui le conduit à une interaction avec le monde extérieur. Et D. Stern développe une théorie cognitivo-affective cherchant à se situer à l'interface de la psychanalyse et du cognitivisme. Il essaie ainsi de préciser les conditions d'organisation de la pensée chez le nourrisson et nous propose le concept d' « Enveloppe prénarrative ». Celle-ci correspondrait à une unité de base qui, quoique préverbale, aurait une structure narrative appelée à retenir ultérieurement dans ses mailles les mots, le langage et des pensées symboliques communicables. Ainsi, sous l'effet des pulsions, des fragments narratifs s'organiseraient à partir de la pensée, considérée ici comme une activité fonctionnelle permanente indépendante des exigences corporelles, mais alimentée par les traces perceptives et mnésiques. Puis l'enveloppe prénarrative proprement dite, la plus adéquate