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D'entrée M.-L. Roux parle du « corps du livre » aussi est-ce ce corps que j'ai tenté d'appréhender en lisant les 18 articles de cet important travail consacré, comme l'indique son sous-titre, à la psychothérapie de relaxation d'inspiration psychanalytique, technique d'Ajurriaguerra.
Cette technique, peu banale pour un analyste, est basée sur une expérience relationnelle particulière visant à rendre le patient propriétaire de son corps. Elle cherche à renforcer le narcissisme, lequel est avant tout une notion corporelle (M.-L. Roux).
Le patient est invité à se détendre sous le regard du thérapeute, regard dont il cherchera ultérieurement à se dégager, comme l'enfant se dégage peu à peu du regard de la mère. Il est invité aussi à verbaliser ce qu'il éprouve de son vécu corporel.
Le thérapeute, à certains moments, touche le patient pour ressentir l'état de son tonus musculaire et le comparer avec le ressentir musculaire propre du patient, c'est le « dialogue tonique », dialogue qui peut aussi s'effectuer dans l'abstention vis-à-vis de patients dont il faut respecter le bouclier narcissique protecteur en ne les touchant pas (M. Dechaud-Ferbus).
Tout cela, encore une fois, est bien inhabituel pour un psychanalyste. Il ne s'agit certes pas ici « de faire de la psychanalyse, mais d'avoir un mode de pensée psychanalytique par rapport au corps » (J. de Ajurriaguerra).
Or, à mon sens, ce mode de pensée est indissociable du contre-transfert. De quoi se nourrit donc ce contre-transfert qui va du psychisme du thérapeute au corps du patient et du corps du thérapeute à celui du patient ?