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Les auteurs s'accordent à faire le constat que l'on ne peut vivre sans croire, que la nécessité de croire est aux origines du psychique, de la constitution du sentiment de continuité et d'existence.
— A. Birraux passe en revue le champ de définition du croire — qui participe du sujet et de l'objet — et des croyances — qui concernent toujours un objet impliquant la fiabilité de l'objet externe et l'appropriation de l'objet subjectif (Winnicott). Elle rappelle les relations de Freud adulte avec la croyance (cf. L'avenir d'une illusion) et montre cependant que toute sa vie, depuis son adolescence, il a cru passionnément en la valeur des objets culturels et, de façon plus nuancée, au rationalisme positiviste. Elle s'interroge enfin sur l'usage du croire à l'adolescence qui lui semble être d'abord au service du narcissisme et de la réduction du clivage et sur le paradoxe de « la double croyance (Ph. Gutton), à la fois au parent incestueux pulsionnel et à la fois au tiers qui incarne l'interdit de la consommation de l'inceste, permettant le travail de constitution de l'idéal du Moi ».
— Pour R. Cahn, la relation du sujet à ses croyances est réinterrogée à l'adolescence puisque est remise en cause la représentation des rapports à soi-même et à l'autre, à la réalité interne et au monde. L'article se déploie au plan clinique et métapsychologique. C'est un plaisir d'en suivre le cheminement : de l'illusion primaire « évidence immédiate de soi et des choses, croyance en deçà de la représentation », à la problématique illusion/désillusion (passage du monde subjectif à la perception objective), à l'aire transitionnelle qui se situe au carrefour du narcissique, de l'objectal et du socioculturel.
Autant de repères qui permettent de tracer les divers destins des croyances et de poser la question des valeurs que l'adolescent d'aujourd'hui peut se forger pour lui-même et le monde.
— A. Triandafillidis, elle, s'intéresse non au contenu des objets de croyance, mais au mécanisme à l'origine