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Loin d'être un dialogue entre deux psychismes comme le prétendent certaines tendances objectivistes, la psychanalyse est fondée sur l'hétérogénéité pulsion/sens ou énergétique/herméneutique. Dès lors, elle ouvre un nouveau rapport de l'être parlant au temps que Freud a formulé par ce qu'il faut appeler « le scandale du Zeitlos ». Après le temps cosmogonique des Grecs, la philosophie pense le temps comme coextensif à la conscience : depuis saint Augustin jusqu'aux linguistes contemporains, le temps est un temps conscientiel. Même la « durée » de Bergson lui est redevable, même le temps coextensif à l'Etre chez Heidegger est un temps qui « tempore ». Seul Freud a pensé une suspension de la temporalité (Zeitlos) due au principe de plaisir d'abord, à la pulsion de mort pour finir. L'actualité psychanalytique est conduite à entendre et interpréter différentes figures du hors-temps, parmi lesquelles l'auteur interroge la répétition, la perlaboration et la dissolution du lien transférentiel à partir de trois exemples cliniques. L'accès au hors-temps qu'aménage l'expérience analytique laisse supposer qu'une subjectivité nouvelle est en train d'émerger, dont nous avons du mal à penser la nouveauté, et qui met en cause l'homme religieux et sa conscience aussi éprise de vitalisme que soucieuse de sa mort.