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Les exposés psychanalytiques radicaux et perturbants de Jacques-Marie-Emile Lacan suscitent des attitudes nettement opposées. On explique cet état de choses assez spectaculaire, pour une large part, par des problèmes de contraintes stylistiques et par la méthodologie décourageante, qui ont été amplement discutés ailleurs (Gunn, 1988 ; Muller et Richardson, 1982 ; Ragland-Sullivan, 1986 ; Smith, 1991 ; Smith et Kerrigan, 1983; Smith, 1991 ; Turkle, 1982). Toutefois, même si l'on s'accorde pour considérer que le style ou la « linguisterie » (le domaine de l'énoncé verbal, du jeu de mot, et de la résonance tonale) est inhérent au message de Lacan (Macey, 1988, p. 175 ; Edelson, 1975, p. 5-13) et si l'on est d'accord, cet aspect provisoirement mis de côté, pour en évaluer le contenu, on continue à trouver aux textes de Lacan une luminosité, même une prescience (par exemple certains éléments de sa critique de la psychologie du moi) mais tout aussi bien un anachronisme, une outrance, une insuffisance de documentation clinique (Green, 1986, p. 4 ; Schneiderman, 1980), voire — ce qui est encore plus troublant du point de vue heuristique — occasionnellement des contradictions.
Quoi qu'il en soit, après avoir revu la plupart des exposés et commentaires de Lacan, je pense qu'il est évident que la psychanalyse contemporaine s'enrichit en s'autorisant l'information sur certains points sélectionnés de Lacan, correctement évalués, mis en perspective avec les points de vue génétiques, et réintégrés