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Les controverses ayant trait à l'œuvre de Freud sont suffisamment inhabituelles pour qu'on s'y intéresse tout particulièrement. Les divergences autour de ses positions sont dues en partie à la façon dont il a présenté ses idées. Il a été, en effet, convaincu très tôt dans sa carrière de psychanalyste qu'il avait « découvert » un ensemble de vérités marquantes concernant la nature humaine. L'image d'une découverte impliquait qu'il avait trouvé quelque chose de radicalement différent qui pouvait se vérifier scientifiquement, plutôt qu'il ne proposait simplement une façon nouvelle de voir les choses. Freud exposa avec la plus grande conviction ce qu'il nommait ses découvertes et il les systématisa dans un cadre qui ajouta une plus grande crédibilité à ses assertions.
Freud, en réalité, proposait de revoir de fond en comble la façon dont la psychologie s'était développée jusqu'alors. Plus nous connaissons l'histoire des idées, plus il nous est facile de situer sa pensée par rapport à celle des autres géants de l'histoire intellectuelle ; et toute son œuvre doit se comprendre dans le contexte des derniers jours de la Vienne vieillissante. Approcher Freud de la même manière que tout autre sujet d'investigation historique ne porte atteinte en rien à ce qu'il a accompli. Mais ceux qui en arrivent à l'étude de ses concepts doivent se pénétrer de toutes les implications qu'a comportées sa façon de faire appel à l'expérience humaine individuelle de ses lecteurs. Il plaçait alors les choses autant sur le plan de l'humanisme que sur celui de la science, et ceux qui pratiquent sa profession ont toujours été divisés sur cette question : quelles sont les proportions de l'art et de la science pure dans la psychanalyse ?
L'immédiateté personnelle de la manière dont Freud présentait ses thèses, reposant quelquefois explicitement sur son autobiographie propre, impliquait