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Situons d'abord cette correspondance, parue, en anglais, en 1993 (The Complete Correspondance Sigmund Freud and Ernest Jones 1908-1939, 1993), dans le contexte de toutes celles écrites par Freud, chacune avec ses caractéristiques spécifiques. Naturellement, la première (mises à part les lettres à la fiancée (Sigmund Freud, Brautbriefe 1882-1886, 1988) et à Silberstein, l'ami d'enfance (Sigmund Freud, Lettres de jeunesse, 1990), préanalytiques, est celle adressée à Fliess et déjà largement étudiée, bien que son édition complète n'ait toujours pas été traduite en français (Sigmund Freud Briefe an Wilhelm Fliess 1887-1904, ). Elle contient le récit de l'auto-analyse de Freud, mais y manquent les réponses de Fliess. Passionnée, elle se termine abruptement, probablement à cause de la circulation de libido homosexuelle qui finit par éclater chez Fliess sous forme paranoïaque.
Suit en importance la correspondance avec Jung (Sigmund Freud-C. G. Jung, Correspondance, 1906-1914, 1975). Freud ne raconte plus du tout son auto-analyse et exprime fort peu de sentiments personnels, si l'on en excepte des commentaires, parfois chargés d'affects, mais concernant des tiers. Jung, lui, voudrait une analyse — en tout cas en tant que demande inconsciente —, souhait que Freud n'accueille ni n'entend. A mon avis, cette correspondance fait montre d'une analyse ratée, où le transfert positif et le transfert négatif, non analysés chez Jung, sont devenus résistance à l'inconscient et à son expression dans les conflits individuels et infantiles, remplacés par l'intérêt pour les mythes et l'inconscient dit collectif.
Puis la correspondance avec Ferenczi, dont nous ne connaissons encore qu'une partie (Sigmund Freud- Sandor Ferenczi, Correspondance, 1908-1914, 1992, en particulier les lettres d'octobre-novembre 1911). Freud est nettement l'analyste que Ferenczi désire et, comme il l'a dit lui-même, il s'y refuse. Face aux