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« Qui que tu sois, qui me lis : joue ta chance. Comme je le fais, sans hâte, de même qu'à l'instant où j'écris, je te joue.
« Cette chance n'est ni tienne ni mienne. Elle est la chance de tous les hommes et leur lumière. Eut-elle jamais l'éclat que maintenant la nuit lui donne. »
A l'instant où l'auteur renonce à aller plus loin, il laisse à des tiers une occasion d'ouvrir à ce qui n'est pas écrit. C'est le rappel aussi que la lecture doit se produire comme mise en scène, qui, elle, relève d'une sorte de dramaturgie. Elle s'inscrit comme logique du relais entre l'auteur et le lecteur.
J'ai joué ma chance…
Prendre le risque de nous raconter des histoires, telle est l'aventure que nous propose Anne-Marie Merle-Béral.
S. Freud en 1895 dans les Etudes sur l'hystérie commentait déjà : « Je m'étonne moi-même de constater que mes observations de malades se lisent comme des romans et qu'elles ne portent pour ainsi dire pas ce cachet sérieux, propre aux écrits des savants. Je m'en console en me disant que cet état de choses est évidemment attribuable à la nature même du sujet traité et non à mon choix personnel. »