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Le troisième numéro du Psychoanalytic Quarterly 1994 consacre un long article d'un philosophe, Kimberlyn Leary, à une réflexion très critique sur les relations de la pensée psychanalytique américaine avec les théories postmodernes. Cet article intitulé « “Problèmes” psychanalytiques et “solutions” postmodernes » nous intéresse à deux titres : d'une part, il apporte un éclairage particulier au thème du Congrès international de juillet 1995 à San Francisco sur la réalité psychique, d'autre part, il pose des questions importantes sur le hic et nunc et le rôle de la temporalité dans le travail analytique.
Leary présente tout d'abord le postmodernisme comme une critique radicale des positions traditionnelles qui sous-tendent la compréhension de l'être humain et de sa place dans la société. Le discours postmoderne naît avec la Nouvelle Critique littéraire dans les années 30. La notion d'un texte qui se servirait de mots pour véhiculer un sens voulu par l'auteur au lecteur disparaît au profit de celle d'un texte sans cesse fluctuant car création conjointe de l'auteur et du lecteur. Le texte en lui-même n'aurait pas de réalité. La connaissance objective n'existe pas, elle n'est que convention établie dans les structures du langage. Il n'est plus possible de parler de « vérités d'évidence » ni même de selfs unifiés. L'identité personnelle est sans cesse fluctuante et liée au regard porté sur