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Je ne puis trouver meilleure introduction au bref compte rendu de ce numéro sur La Douleur qu'en empruntant à A. Jeanneau quelques lignes du début de son article « Une infinie douleur ».
« Il y a comme une crainte sacrée à parler de la douleur… C'est un sentiment d'irrespect, qui se tient moins du côté du blasphème que près de l'abîme où la pensée s'entretient de l'impensable, sans fascination ni vertige, au plus près de soi-même et de l'impossible… l'excès ici dépasse tout, mais sans jamais être ailleurs qu'au plus intime de soi. Car la douleur s'en prend à l'être, dans une emprise totalitaire, générale et aussi bien localisée, elle s'y installe et ne lâche plus. »
Après l'avoir située par rapport aux autres grandes problématiques de la souffrance humaine, l'auteur place la douleur au carrefour du monde pulsionnel interne et d'un monde pulsionnel lié à l'infini.
B. Caruso nous fait remonter aux sources de la philosophie, « à la parole d'Anaximandre », nous permettant de méditer sur le sens de l'homme et de la douleur.
Le monde d'Anaximandre est engendré, il doit périr, c'est ce que veut la Justice. Les hommes sont comme les autres êtres, éphémères. « Etre c'est être fini, après il faut sombrer et disparaître, laisser la place. La douleur pourrait être cette révolte constitutive des êtres, celle qui les anime contre la Mort et le Temps. »
Il y aurait une douleur tragique dans le fait d'être né dont le héros tragique serait le témoin. Freud a repris cette idée dans Totem et tabou.
C'est enfin Nietzsche qu'il nous faut relire pour comprendre le monde à partir de la souffrance qui constitue l'essence du tragique dans la tragédie.
Dans Questions au deuil, J. Gillibert part de l'ambiguïté « qui dévore » l'article de Freud « Deuil et mélancolie », pour développer les réflexions qu'il suscite en lui. Et ce questionnement donne le sentiment de voir se dessiner sous nos