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Concept limite, la pulsion doit sa richesse à cette situation même : ligne de crête ou de fracture, le surgissement de la pulsion dans la séance d'analyse fera basculer en un mouvement perpétuel, tel un dessin de Escher, la représentation qu'a l'analyste du paysage psychique de l'analysant.
Ce qui se dira à son propos contiendra du même coup la perception d'une motion et de son contraire.
Ainsi de son but - qui n'est à confondre ni avec sa finalité, ni avec son étiologie, mais qui concerne la réduction de la tension : plus rudimentaires seront les moyens utilisés, plus rapide sera la réduction de la tension - comme en témoignent, par exemple, la pornographie ou la guerre. On se trouve ici du côté le moins « psychique » du concept de pulsion, du côté de la répétition de l'acte, ce même par excellence qui, comme l'a décrit André Green, est encore, pour un temps X, en deçà de la trace.
Pour faire à mon tour quelques pas de plus dans la voie proposée par René Roussillon au sujet de la métapsychologie des liens, je voudrais attirer l'attention sur une erreur de perspective, voire une tache aveugle, qui se produit fréquemment et simultanément chez le psychanalyste et son analysant sur le mode du consensus. Cette erreur, cette tache, qui va se produire au lieu même du hiatus où, pour René Roussillon, devrait surgir le travail psychique, s'origine selon moi dans le mécanisme, décrit par Bion, d'évacuation des éléments de pensée.
Par exemple, si le hiatus mobilise une énergie pulsionnelle qui s'accroît d'être prise dans la régression topique induite par la répétition du conflit infantile, la possible tache aveugle du psychanalyste peut concerner le désir inconscient qu'il éprouve à favoriser, chez son analysant, une réduction de tension en ce lieu même du hiatus, faisant ainsi de la régression topique une fin en soi, et non plus un élément du cadre analytique.