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Le travail de René Roussillon va être précieux pour tous ceux qui travaillent dans des cadres institutionnels et y affrontent les pathologies graves, où les capacités de symbolisation sont en défaut et la construction psychique même est en jeu.
La remise à l'honneur de la transitionnalité et la mise en chantier de sa confrontation avec la métapsychologie tombe à point, en un temps où si nous souhaitions toujours tous, depuis le choc de notre rencontre avec le génie de Winnicott, que de la transitionnalité advienne dans une institution thérapeutique - mais nous savons que toute institution peut au contraire distiller de la répétition à l'identique, de l'asilaire - le temps passant, les outils théorico-cliniques pour travailler cet insaisissable dans le travail quotidien nous manquaient quelque peu. La conscience de l'importance de l'enjeu restait cependant intact, comme le montrait récemment le travail de Raymond Cahn sur le sujet et la subjectivation1.
En reprenant l'élaboration du « médium malléable » de Marion Milner, commencée dans Paradoxes et situations limites de la psychanalyse, René Roussillon nous propose une figuration que nous pouvons appliquer au cadre institutionnel : comme une suffisamment bonne pâte à modeler, le cadre institutionnel subit des déformations de la part des patients et de leurs familles. Au lieu de rester dépourvues de sens, et qu'il y soit répondu par des actes individuels, contreactings, ou pire par du désinvestissement, leur mise en commun dans une