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Les rapports de René Roussillon et de Daniel Widlöcher sont tous deux consacrés à la métapsychologie. Le second dans la continuité d'une œuvre centrée sur la problématique du changement psychique. Le premier nous invite à partir de la théorie du jeu de Winnicott à faire jouer la théorie.
Pour Roussillon, il s'agit de « ressaisir les enjeux fondamentaux et les problèmes de (la) construction d'ensemble » de la métapsychologie, telle qu'elle lui paraît refondée à partir du tournant de 1920, qui met l'automatisme de répétition à la base du psychisme. Cela l'amène à « reprendre la question des positions réciproques du sujet et de l'objet » ainsi que l'exploration du féminin pour dégager l'impact intrapsychique et intersubjectif de l'altérité interne au sujet.
La métapsychologie des processus qui nous est proposée implique un double choix, d'une part en ce qui concerne le statut de la théorie dans la psychanalyse et, d'autre part, en ce qui concerne l'orientation théorique fondamentale.
Statut de la théorie dans la cure: Roussillon nous montre éloquemment que nous devons avoir une théorie qui suspend la question du primat ultime d'un principe donné, de manière à avoir le choix d'interpréter dans le sens qui nous paraît le mieux adapté à la relation transféro - contre-transférentielle avec un patient singulier. J'irai un peu plus loin avec Nicolas Abraham et Maria Torok en proposant, à partir de l'écoute du patient, de thématiser ses productions psychiques pour construire la théorie singulière de cette analyse-là, quitte à la confronter plus tard aux théories préexistantes, de manière à ce que notre traité personnel de psychanalyse puisse s'enrichir et se transformer au fur et à mesure de nos expériences de la cure, de nos échanges avec nos collègues, de notre participation aux expériences culturelles de l'humanité et de l'ensemble de notre vie.