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Le remarquable rapport de René Roussillon au Congrès de Paris sur la transitionnalité et les discussions qui ont suivi - notamment sur les symbolisations primaires - m'ont inspiré des rapprochements avec la métapsychologie de l'anorexie mentale. Mes réflexions découlent notamment d'une psychothérapie analytique, se déroulant depuis plusieurs années, d'une patiente adulte dont la pathologie s'est chronicisée depuis son apparition à l'âge de seize ans; chez elle, l'évolution vers une psychose froide s'est accentuée, tandis qu'on observe à l'adolescence des formes plus légères ou transitoires, où la symptomatologie est plus mêlée.
Séverine souffre d'anorexie et d'accès de boulimie-vomissement. Malgré la sévérité des symptômes, elle a pour particularité d'avoir établi et conservé une vie sexuelle relativement satisfaisante, ce qui n'est pas la règle dans cette affection. Après une première psychothérapie analytique, elle s'est mariée et a eu un enfant. Il existe chez elle un clivage entre, d'une part, un fonctionnement mental permettant une vie sexuelle et des sublimations réussies dans son métier et, d'autre part, une souffrance pathologique.
Plusieurs armées de psychothérapie analytique en face à face ont pu permettre - en modifiant sensiblement mais partiellement son mode de fonctionnement mental - de reconstituer la genèse de sa maladie, en deux temps d'époques différentes, les deux noyaux traumatiques confluant lors de son installation à seize ans : l'un dans les premiers temps de la vie perturbant l'étayage de la pulsion orale et l'autre sous forme d'une répression sexuelle à l'adolescence.