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Du travail de R. Roussillon on peut déjà augurer un grand succès. Il ne néglige aucun concept qu'il confronte ou articule à ses hypothèses sur les processus. Le travail est créatif, rigoureux, dense, généreux et parcouru d'émotions de son propre vécu que l'auteur introduit avec maestria dans une démarche de haut vol théorique.
Je n'ai pas le sentiment que Winnicott (1971) exclut la pulsion du champ transitionnel parce qu'il ne peut envisager cette dernière que sous l'angle d'une force d'effraction et de désorganisation, mais simplement que, fidèle à son époque et à son pays, il doute du concept de pulsion. Tout le poids est placé du côté de l'objet, alors que la dialectique externe-interne pourrait suffire à engendrer un mouvement et une économie, selon Fairbain (1952) et Guntrip (1961), les plus radicaux opposants de la pulsionnalité. Ainsi que Roussillon nous le rappelle, le transitionnel fut également envisagé comme a-conflictuel, à mettre en parallèle avec le travail de désexualisation qui caractérise la sublimation. Mais plus étrange peut nous sembler l'absence d'allusion chez Winnicott aux pulsions perverses, aussi bien les sadiques (la pensée décortique, tranche, exclut, malmène l'objet de savoir), que les homosexuelles (cf. les liens sociaux). L'époque de Winnicott satanisait les pulsions perverses et angélisait l'œuvre des seins immaculés, toujours excusables… (cf. les remarques de Rosolato, 1977, à propos du récit que fait Guntrip de son analyse). On peut aussi penser que l'objet transitionnel est un objet que le sujet désire quelque part détruire, une mise à mort comme celle qui est à l'origine du totem et de l'imago. On tuerait dans l'objet ce qui