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Bien que le titre de cette intervention paraisse introduire une réflexion sur le concept de « trace mnésique » - que le rapport de R. Roussillon met en évidence en tant que fondement de sa théorie sur les étapes de l'élaboration symbolique - je centrerai ma critique sur trois points : la trace mnésique, la compulsion de répétition et enfin la transitionnalité. Ma critique - au sens que j'espère le plus positif de ce terme - du concept de « trace mnésique » tel qu'il est entendu par R. Roussillon, pense cependant rassembler celle des deux autres concepts tels qu'il en fait usage. Qu'il soit ici rendu hommage à l'auteur de ce rapport pour la lucidité et la force de sa pensée. Les critiques que nous lui faisons n'ont pris jour que parce que cette pensée a été assez fertile pour développer la nôtre.
Avant que de m'engager dans la critique du concept de « trace mnésique », je citerai un auteur qui m'a largement précédée dans la très belle étude qu'il en a faite. Il s'agit de Cl. Le Guen qui, dans un article qu'il sous-titre « Essai pour en finir avec les théories de l'inscription » (RFP, septembre-octobre 1981 : « Quand je me méfie de ma mémoire… »), soutient avec justesse, selon moi, d'abord que « les traces mnésiques ne sont pas un concept psychanalytique, mais neurophysiologique » (p. 1139), ensuite que « ce qui persiste est une contrainte et un changement. Plus que les traces mnésiques, se perpétuent les processus qui les organisent et les changent » (p. 1128).
J'aimerais opposer cette conception à celle de R. Roussillon que je cite : « L'archaïque ou le précoce (est) surtout marqué par l'enregistrement de traces mnésiques perceptives suivant des associations de simultanéité et de contiguïté,