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La démarche austère, exigeante de René Roussillon propose, avec tous les risques qu'une telle entreprise comporte, une construction métapsychologique qui, tout en s'appuyant sur l'essentiel des propositions freudiennes, en permet une utilisation nouvelle en prise et en adéquation avec les situations auxquelles nous nous trouvons aujourd'hui confrontés.
J'ai trouvé, à sa lecture, et de bout en bout, de multiples résonances avec les développements que j'avais proposés dans mon rapport sur le « sujet » centré, lui, sur les obstacles au processus de subjectivation et donc sur les conditions mêmes de sa possibilité1. Demeuraient cependant en suspens bien des interrogations, notamment quant à l'articulation de la notion de sujet - et la connotation philosophique qu'il comporte - avec une réflexion authentiquement métapsychologique.
Le rapport de Roussillon nous apporte des éclairages et des concepts susceptibles de nous aider grandement dans cette tâche. Transcendant la notion de relation d'objet pour déplacer ce dont elle tente de rendre compte vers le pôle subjectal, il se retrouve devant le même apparent paradoxe que celui auquel j'avais été confronté, à savoir que, par cette démarche même, le rôle de l'objet, dans sa réalité psychique comme dans sa réalité historique, y apparaît plus déterminant que jamais. Un objet en effet consubtantiellement lié au travail de subjectivation différentiatrice qui fait le sujet de la psychanalyse. D'où la notion que je proposais de fonction subjectalisante de l'objet, en parallèle avec sa