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La découverte, en décembre 1994, de la grotte Chauvet dans l'Ardèche, a confirmé la remise en cause des conceptions évolutionnistes de l'art préhistorique. Leroi-Gourhan supposait une genèse de l'art selon quatre étapes stylistiques allant du plus schématique au plus réaliste. Or, la grotte Chauvet qui date de plus de trente mille ans nous met en présence de chefs-d'œuvre figuratifs d'une grande richesse artistique, autant par l'originalité et la diversité du bestiaire évoqué (lion, panthère, hyène, rhinocéros, hibou, ours) que par l'incomparable maîtrise technique des artistes (dessins, peinture au trait, usage de l'estompe pour rendre le relief). La force expressive de cette grotte est comparable à celle de Lascaux réalisée quinze mille ans plus tard. La grotte Chauvet vient d'être consacrée comme l'un des témoignages artistiques les plus anciens de l'histoire de l'humanité, pratiquement contemporaine de l'apparition de l'homo sapiens-sapiens,
Ainsi, dès ce stade, de l'hominisation surgissent la possibilité et la nécessité de matérialiser des représentations psychiques dans des matériaux indestructibles et hautement artistiques qui en assurent la préservation, d'une « extériorisation dans la chose, par l'accomplissement, à l'aide de la motricité, d'actes de symbolisation de représentations faites choses » (Roussillon, 1995).
Lorsqu'on s'interroge sur la naissance et la transmission du sens de ces représentations, il est nécessaire de tenir compte de la temporalité, en particulier celle qui s'inscrit sur les parois des grottes. Cette vision globalisante a pu conduire à envisager des théories structurales sur le sens de ces créations (Leroi-Gourhan). En fait, on sait depuis les datations au Carbone 14 qu'il en va autrement et qu'une grotte ornée a pu être utilisée, sur de longues périodes,