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Daniel Widlöcher montre qu'un analyste peut avoir deux attitudes, en ce qui concerne son écoute : en général, je la définirai comme analogue à celle de l'interprète simultané qui écoute scrupuleusement un texte, peut-être en pensant à autre chose. En tout cas avec son attention flottante. Il est capable de le rendre dans son intégralité (ou à peu près).
A d'autres moments privilégiés, il va réagir de façon inusitée : ce sont des instants de « co-pensé », de « co-ressenti », voire de « co-agi ». Il me semble qu'à ce moment-là l'état de l'analyste se trouve être un certain malaise qu'il résout en « vivant avec »1. Le scénario qui s'organise alors, ou le « script » inscrit dans le matériel un moment où la mémoire sémantique reprend les épisodes mémorisés et où la procédure instituée permet l'efficacité de l'interprétation, car elle répond à une situation qui a eu lieu, revécue dans le co-ressenti ou dans l'empathie.
Cette notion doit être soigneusement examinée : le « ressenti avec » traduit le terme allemand Einfühlung (ressenti en soi), tandis que Einsicht ou insight (vu ou compris en commun) conduit à un accord intellectuel : c'est en tout cas l'empathie qui est générative ou métaphorisante (R. Emde, 1990)2. Elle donne à l'analyste des possibilités de produire des métaphores, soit pour justifier sa théorie, soit pour conduire à des interprétations illustratives.
Il m'a semblé aussi que la notion d'enactment très utilisée par les psychanalystes anglais, du moins à ce que je crois, est différente de celle de l' « agi », action simple et non maîtrisée ou du passage à l'acte qui traduit une