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Je voudrais introduire ici un questionnement autour de la notion de présentation inconsciente d'action, telle que la propose D. Widlöcher dans son rapport.
Je rappellerai d'abord quelques-unes des formulations par lesquelles D. Widlöcher définit sa « présentation inconsciente d'action »: une représentation d'action permanente qui pousse à la répétition et qui tend à s'accomplir dans la séance en actes de pensée, notamment sous forme de récits d'actions. Il s'agirait là de véritables scénarios inconscients relevant, selon l'auteur, d' « actions hallucinatoires ».
Dans le dédale si touffu de nos réflexions métapsychologiques, cette conception peut séduire par l'économie de concepts qu'elle permet et par son pari de cohérence. Elle pose cependant beaucoup de questions, du fait même de sa condensation. Elle tend notamment à inclure dans un même modèle ce qui est de l'ordre d'une remémoration (liée au refoulement) et ce qui est de l'ordre d'une répétition agie. Elle unifie de ce fait deux références que les réflexions actuelles sur la clinique de la cure portent plutôt à distinguer, tandis que le rapport présenté par R. Roussillon nous conduit davantage à théoriser l'hiatus entre les deux.
Je repartirai d'une distinction que fait D. Widlöcher entre l'accomplissement du désir et la satisfaction hallucinatoire du désir. A juste titre, il nous dit que ce n'est pas la même chose. Cette distinction a été l'un des axes du rapport « Fantasme et action » que j'ai présenté en 1986, avec R. Perron, dans un précédent congrès1. Nous y partions de l'évidence que l'accomplissement du désir ne peut pas évacuer l'action ni s'y substituer complètement, même si la satisfaction hallucinatoire qui transpose l'action dans le champ des représentations reste le paradigme de toute élaboration psychique. La démarche de notre travail était