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La portée du rapport de Daniel Widlöcher ne doit pas être sous-estimée. S'appuyant sur une expérience particulièrement riche, acquise aussi bien dans le champ de la psychanalyse que dans d'autres disciplines, l'auteur nous invite à une nouvelle élaboration des fondements de notre pratique : il vise une audience plus large que celle des seuls analystes. Dans un premier temps, il nous oblige à penser la multiplicité des métapsychologies, pour une part nées d'une désillusion de l'Ego psychology; dans la suite de sa réflexion, il nous propose les éléments d'une métapsychologie fondée sur la pragmatique de la communication. Or, autant la démarche de sa pensée apparaît fructueuse et mérite d'être prolongée, autant il semble difficile de le suivre dans les conclusions proposées : c'est sur ces deux points que je voudrais faire porter ma propre réflexion.
Ce n'est pas le moindre des mérites de D. Widlöcher que de nous amener à nous interroger sur les fondements de notre discipline : dans la mesure même où il définit une catégorie de pensée « Vieux freudien » (« au sens, dit-il, ou le message serait “Tout Freud, rien que Freud” ») et où il dénonce « une certaine rigidification de la métapsychologie devenue une langue morte, une sorte de “latin d'église” », il prive ceux qui, ne partageant pas nécessairement cette perspective, voudraient l'argumenter de l'appui des textes de référence les plus classiques et les amène donc à une nouvelle formulation de leur propre pensée.
Pour être discutée, la pensée de D. Widlöcher devrait être suivie pas à pas : ce travail excède de beaucoup les limites d'une discussion d'un rapport de congrès, et je me vois contraint de condenser, sans doute de façon trop abrupte, mes propres conclusions. Deux questions ont été posées et, en effet, elles sont essentielles : pourquoi la métapsychologie ? pourquoi la réformer ?
C'est à juste titre que D. Widlöcher remarque que « définir la métapsychologie à partir des trois points de vue serait confondre une pr