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La psychanalyse est en danger. La psychanalyse court à sa perte du fait de la multiplication insensée, débridée, des psychanalystes. Ils croissent et se multiplient par milliers. Bientôt on deviendra psychanalyste d'un coup de baguette magique. Les congrès se succèdent et les participants s'y bousculent. Les salles d'université ou les Hiltons deviennent trop exigus, le gigantisme des Nations Unies suffit à peine, comme un récent Congrès de « psychanalystes-chiffrématiciens » tenu à Genève l'a montré. Et de plus, il n'est pas irréaliste d'estimer que seuls dix pour cent des analystes qui se déclarent comme tels lors de ces congrès qui ne sont pas les nôtres, ont fait l'expérience longue et régulière du divan, alors qu'en ce qui nous concerne nous pouvons penser que nos exigences de formation nous évitent une telle aberration.
A qui doit-on imputer un tel état de chose, demandera-t-on ? A Lacan, à Laplanche, à Verdiglione, aux Américains sans doute. Eh bien non ! C'est vraisemblablement à Freud qu'on le doit, à Freud qui, tout génial et unique qu'il ait été - sur ce point nous sommes tous d'accord - a cru bon de théoriser l'expérience de la cure et du transfert, la découverte de l'inconscient et de la sexualité infantile, et tant d'autres choses sous le terme de métapsychologie et non de métapsychanalyse. A moins qu'il n'y ait été contraint par l'orientation scientifique de l'époque.
La métapsychologie, c'est la théorie de l'appareil psychique et de son fonctionnement, théorie psychologique, rationnelle et objectivante, non pas issue de l'expérience mais fruit d'un projet de Freud impliquant la réduction de l' « hommeanalysant » à un objet déterminé et mesurable. C'est un projet utopique qui l'oblige à y inclure un volet métapsychique - je fais allusion à la sorcière - pour ne pas voir disparaître dans ce projet sa croyance en cet inconscient, sa découverte et sa chose à lui, cet objet de scandale, cet inconscient qui s'évanouit à chaque fois qu'on croit l'appréhender o