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En hommage à Gilles Desbordes qui a été non seulement mon patient, mais aussi mon collaborateur.
« La pensée du rien est un rien de pensée, le néant de l'objet anéantissant le sujet. Pas plus qu'on ne voit une absence on ne pense un rien ; en sorte que penser le rien, c'est ne penser à rien et c'est donc ne pas penser. La pseudo-pensée de la mort n'est qu'une variété de somnolence. »
La mort n'avoue jamais… Mais de quoi lui faudrait-il faire l'aveu ? Quel secret est-elle tenue d'observer ? A vrai dire, je ne sais comment cette formule a soudainement fait irruption dans mon esprit, cependant que, sollicité de revenir une fois encore sur le sujet, je commençais d'y rêver, tout en pensant que j'avais déjà antérieurement atteint les limites de ce à quoi je pouvais accéder2.
Penser et rêver, cela ne va pas ensemble… encore que. Laissant malgré tout « les choses » aller, j'ai de nouveau constaté que l'activité de pensée, même lorsqu'elle est orientée vers la réflexion abstraite, échappe souvent au contrôle de la raison pour suivre son propre chemin, tout comme dans un rêve s'enchaînent les images, sans nous demander notre avis. Cela étant, je reste convaincu, tout comme Jean Rostand, que l'homme n'a à sa disposition aucun autre moyen de connaître que sa raison3.